6000 recrutements de cadres prévus en Bretagne en 2014

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D’après une récente étude de l’APEC, la France s’apprête à recruter entre 163 500 et 171 200 cadres en 2014. Si le marché de l’emploi des cadres était en berne ces deux dernières années, il semblerait que la situation se consolide cette année. En Bretagne, ce sont d’ailleurs 6000 cadres qui devraient être recrutés dans des secteurs porteurs comme le service aux entreprises, le service à la personne, l’informatique, l’industrie et la recherche et développement. « La première fonction recherchée par les recruteurs, c’est la fonction commerciale », indique Fabrice Landois, responsable régional de l’APEC.

En effet, la Bretagne recense de grands recruteurs de commerciaux, notamment de jeunes diplômés, dans le domaine de la banque et des assurances. Pour autant, il reste des secteurs en souffrance, comme la métallurgie, qui peine davantage à recruter que d’autres filières industrielles. « La filière industrielle et productive française a perdu 800.000 emplois en dix ans », souligne Jean Ollivro. Pour l’auteur de La Nouvelle Economie des Territoires, publié en 2011, la Bretagne, comme le reste du monde occidental, est en train de vivre une réelle mutation économique. « Un bouleversement qui demande de mettre à plat toutes les prénotions, les idées reçues notamment celles qui concernent l’écologie ».

Observateur aguerri du territoire, Jean Ollivro reconnaît que la force de la Bretagne réside justement dans ses réseaux, « et dans la capacité qu’ont les Bretons à se fédérer autour de projets communs. Ensemble, ils peuvent déplacer des montagnes. » Et devenir pionniers en matière de développement économique alternatif. En témoignent les nombreux projets de mutualisation de compétences : la Bretagne est la première région de France en terme de groupements d’employeurs. « La Bretagne a également une carte à jouer en allant voir ce qui se passe dans d’autres régions ailleurs en France, en Europe et dans le monde pour dupliquer les bonnes pratiques. En s’appuyant sur la France, la Bretagne a oublié de valoriser et de capitaliser sur un élément essentiel de son patrimoine : la mer. Pourtant, l’avenir de la Bretagne passera par la mer, j’en suis convaincu », insiste-t-il.

Des candidats prêts à relever des challenges

La start-up en biotechnologies Hemarina à Morlaix s’appuie justement sur cette ressource inépuisable qui borde le littoral breton, la mer. Son innovation de rupture est une vraie révolution dans le domaine de la santé. L’entreprise a développé, grâce à des molécules marines, des transporteurs universels d’oxygène pouvant notamment se substituer à un pansement pour accélérer la cicatrisation. Le challenge d’Hemarina est immense. L’entreprise compte actuellement 25 collaborateurs mais devrait rapidement passer à 30 ou 35. Six recrutements sont actuellement en cours pour des postes de techniciens de laboratoire, responsable de projet ou de logistique. « Mais recruter dans une start-up n’est pas chose facile », se rend compte Pascal Mirocha, directeur administratif et financier chargé aussi des ressources humaines.

La difficulté pour Hemarina ? Faire accepter aux candidats et nouvelles recrues d’évoluer dans un environnement où la stratégie de l’entreprise peut changer à tout moment. « Nous avons besoin de personnes très réactives et prêtes à s’adapter au moindre changement de cap », indique-t-il. La capacité d’adaptation est un atout indispensable pour le recrutement. Héléna Conqueur en a elle aussi conscience. « Un candidat qui s’intéresse à la mission, à l’entreprise, qui est allé chercher des informations fera la différence », assure-t-elle. Pour Pascal Mirocha, la préparation des entretiens fait ainsi partie intégrante du processus de recrutement. « Trop souvent, des candidats arrivent en entretien sans prendre de note et sans poser de questions », observe-t-il.

Mobilité intellectuelle et géographique

Pourtant, grâce aux nouveaux outils sur internet, l’information sur l’entreprise est disponible à tout moment. « La nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail utilise sans cesse Facebook et Twitter mais ne maîtrise pas du tout Viadeo ou Linkedin », reconnaît Fabrice Landois, également responsable national du développement des médias sociaux pour l’APEC. « Idem pour la génération des 35-40 ans. Sa présence sur internet se construit et s’enrichit chaque jour. Viadeo et Linkedin ne sont pas que des bases de CV. Il faut alimenter le réseau, comme dans sa vie professionnelle au quotidien. » Pour Pascal Mirocha, Héléna Conqueur et Fabrice Landois, un candidat rompu à la pratique des réseaux sociaux peut faire la différence. D’où l’importance de bien packager son CV, au même titre qu’un produit.

Enfin, atout primordial pour la réussite à l’embauche, la mobilité. Qu’elle soit géographique ou intellectuelle, les experts en emploi des cadres jugent que les candidats qui seront retenus seront ceux qui acceptent l’évolution géographique et professionnelle. « Il ne faut pas hésiter à revoir ses prétentions à la baisse pour rentrer plus facilement dans une entreprise », intervient Fabrice Landois. « Le taux de promotion interne en Bretagne est de 25 % contre 20 % de moyenne nationale. Ce qui signifie que les entreprise bretonnes favorisent le recrutement interne et la fidélisation de leurs collaborateurs. » Avec à la clé une montée en compétences, une montée en responsabilités et des évolutions de salaires.

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