Filière navale en Bretagne. Maintenir les compétences

 Sa situation géographique exceptionnelle, ses bassins et ses rades font de la Bretagne une terre propice à l’industrie de la construction navale. La filière construction, réparation navale et plaisance est d’ailleurs le troisième secteur industriel de Bretagne, après l’agroalimentaire et l’automobile. La Région concentre ainsi un quart de l’emploi national dans ce domaine.

Industrie naval

Bretagne Pôle Naval, cluster qui regroupe les acteurs de la filière, identifie 205 entreprises pour 13.046 emplois (chiffres 2013). « Les entreprises sont légèrement à la hausse, et les emplois, de manière générale, se maintiennent », indique Anne-Marie Cuesta, secrétaire générale de Bretagne Pôle Naval. « Pour l’instant, la navale s’est plutôt bien sortie de la crise économique. Mais je ne suis pas sûre que cela dure… » Pour elle, les effets de la crise se feront sentir en léger différé.  « Les programmes de construction engagés par la Défense se poursuivent, mais il n’y a rien d’autre à l’horizon », remarque-t-elle. Aussi, la secrétaire générale de Bretagne Pôle Naval s’attend à un faible repli de l’activité en 2015, 2016.

Deux emplois salariés sur trois dans la Défense

L’activité militaire dans cette industrie est fortement présente. La défense y représente en effet deux emplois salariés sur trois. Avec comme principal donneur d’ordre DCNS, à Brest et à Lorient. L’activité civile est plus large. Elle comprend la pêche (la Bretagne est la première région française), la plaisance (premier pôle nautique français), l’océanographie et le transport de passagers. En Bretagne, la construction navale est cinq fois plus présente que dans toute autre région de France.

Des opportunités dans des plus petits chantiers

Pour autant, les petits chantiers navals, de 50 à 200 salariés sont très nombreux. Ils constituent un poumon économique au sein de cette filière. « C’est là que sont les opportunités d’embauches et de carrière », note Anne-Marie Cuesta. Chez les Chantiers Piriou à Concarneau, Bernard à Lorient, Sibiril Technologies à Carantec, les plans de charge sont constants et les besoins de main d’oeuvre en conséquence.

À fin 2013, lors du salon Pro&Mer de Brest, Bretagne Pôle Naval a collecté 654 offres d’emplois pour toute la Bretagne, émanant de 60 entreprises. « Ce sont ces petites structures qui assurent le maillage économique de la filière. Leurs besoins en recrutement portent sur des métiers de la mer, aussi bien en production qu’en navigation », précise la secrétaire générale. « Mais, parmi ces offres, 400 étaient directement liés à la construction navale ».

« Les difficultés de recrutement sont récurrents »

Anne-Marie Cuesta, secrétaire générale de Bretagne Pôle Naval

Des métiers en tension

Mais il reste des métiers en tension dans la filière navale. Des postes pour lesquels les entreprises ont de réelles difficultés à recruter. C’est le cas des métiers de la production, aux postes de soudeur, usineur et solier-moquettiste, ou en ingénierie en chaudronnerie, tuyauterie et conception ou encore pour des mécaniciens de bord. « Les besoins ne portent pas sur des gros volumes d’emplois, mais les difficultés de recrutement sont récurrentes », précise Anne-Marie Cuesta. La raison ? Une image vieillissante de l’industrie navale qui n’a pas réussi à séduire la nouvelle génération. « Il y a une réelle méconnaissance du milieu, et surtout aucune formation en cursus initial », avance-t-elle. Le déficit d’attractivité de la filière est important. « Nous essayons de faire réinstaurer une formation adéquate par l’Education Nationale en remettant en place le CAP soudeur », indique Anne-Marie Cuesta. « Il faut permettre de faire naître des vocations et de proposer les diplômes qui vont avec ».

Transfert de compétences

Pour autant, la filière navale ne connaît que très peu de turn-over. « Le regard des collaborateurs est très positif, ils sont attachés aux entreprises et fiers des produits qu’ils réalisent », avance la secrétaire générale de Bretagne Pôle Navale. Le cluster essaie de sensibiliser les dirigeants au fait qu’il va également falloir maintenir les compétences et anticiper les départs en retraite. « Et notamment ceux qui peuvent faire valoir une retraite anticipée du fait du plan Amiante », précise-t-elle. Ainsi, les entreprises doivent mettre en place une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences en imaginant des tutorats entre anciens et nouveaux collaborateurs. « Il faut pour cela identifier les postes sensibles, recruter les bons profils et les former. » Un renouveau générationnel de la filière construction navale est donc à prévoir pour les années à venir. Ce sont autant d’opportunités d’emplois à saisir.

 

 

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