A Saint-Nolff, l’innovation est un accélérateur de croissance

Après trois années de mises au point, un an de travaux, 5 millions d’euros d’investissement, le nouveau centre mondial de l’innovation de Neovia (nouveau nom d’Invivo NSA) à Saint-Nolff près de Vannes a vu le jour au début de l’été. « We’nov », c’est son nom, a pour vocation d’être un accélérateur de croissance. Un espace de partage et d’expertises mondiales au service de la nutrition, de l’alimentation et de la santé animales. Une centaine de chercheurs et d’ingénieurs vont y élire domicile. 

Centre de l'innovation à Saint-Nolff

Centre de l’innovation à Saint-Nolff

Centre de l'innovation à Saint-Nolff

Centre de l’innovation à Saint-Nolff

Spécialiste de la nutrition et de la santé animale, Neovia fait partie de ses entreprises agroalimentaires dont le défi à venir est de nourrir 9 milliards d’êtres humains sur la planète d’ici 2050. Pour anticiper les évolutions de marché, obtenir des matières premières toujours plus saines et de qualité, tout en assurant la productivité des éleveurs et des agriculteurs, Neovia mise sur l’innovation. Une innovation qui doit être collaborative, participative et qui doit naître du partage d’expériences et d’expertises internationales. C’est dans ce but que le centre mondial de l’innovation We’nov a vu le jour à Saint-Nolff, dans le Morbihan. Vitrine des savoir faire de l’entreprise, accélérateur de développement, ce centre mondial de l’innovation veut favoriser les projets collaboratifs en lien avec les chercheurs, universités, partenaires et start-ups dans une logique d' »open-innovation ». Avec un but commun, celui de mettre au point des solutions et des services innovants autour de la nutrition et de la santé animales.

Nouvelles méthodes collaboratives

Sur 2.100 m2 et deux niveaux, ce nouvel espace éco-conçu et pensé par le cabinet rennais de Jean-Pierre Meignan se fond parfaitement dans l’écrin de verdure du siège de Neovia à Saint-Nolff. Bâtiment à énergie positive, il est doté de 342 m2 de panneaux solaires et d’une centrale photovoltaïque d’une puissance de 68,7 kW. De larges baies vitrées donnent sur le laboratoire d’analyses de Neovia et une terrasse surplombe la prairie. Ce centre mondial de l’innovation propose de mettre en pratique de nouvelles façons de travailler. Avec des espaces plus ouverts, modulaires, axés sur le co-working et véritablement tournés vers le collaboratif. Terrain de foot à l’extérieur, salle de sport intérieure : tout est pensé pour que les esprits puissent s’exprimer. « Notre volonté est de bâtir une entreprise agile et innovante », indique Hubert de Roquefeuil, président de Neovia. « Avec un esprit de start-up où il est important de valoriser les échecs pour rebondir plus vite et plus haut. » Pour lui, l’entreprise est « dans un changement de modèle économique qui va déboucher sur un changement d’entreprise et de paradigme ».

Plus de 150 postes créés

Si le centre mondial de l’innovation accueille déjà 70 personnes dans les fonctions marketing, recherche et développement, formulation, management de l’innovation, business développement, nouvelles technologies, design thinking et digital, le bâtiment est prêt à en abriter 100, voire plus. 30 postes ont été créés cette année, et une cinquantaine devraient voir le jour à terme. « En trois ans, nous avons déjà recruté 150 personnes sur le siège de Saint-Nolff », précise Matthieu Leroy, directeur des projets de Neovia. Les nouvelles embauches à venir concernent des profils de développeurs logiciels, formulateurs, ingénieurs spécialisés en espèces animales, mais aussi des spécialistes du design, du marketing et de la veille concurrentielle. Les métiers du digital sont amenés à fortement se développer car désormais « un aspect digital sera intégré à chaque service ou solution proposée par l’entreprise à ses clients », poursuit Matthieu Leroy.

Site multilingue 

A Saint-Nolff, aux portes du Golfe du Morbihan, sur le site de Neovia, on parle pas moins de 15 langues. Avec des nationalités multiples dues à une forte présence de l’entreprise à travers la planète : au Brésil, au Mexique, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Russie, en Inde, en Chine, au Vietnam, en Thaïlande, en Indonésie, au Cambodge ou encore en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal ou en Italie. Ce qui pousse les dirigeants de Neovia à mettre en place un Bac international, qui sera créé prochainement à Vannes. Si l’intégration de ces différentes nationalités et cultures est une des priorités chez Neovia, l’entreprise s’apprête également à construire sa propre crêche inter-entreprise bilingue anglais. Un atout pour les nombreuses familles à venir travailler sur le site. « Autre point qui nous intéresse aussi c’est l’emploi du conjoint », ajoute Matthieu Leroy. En effet, quand une entreprise internationale de l’envergure de Neovia recrute, il s’agit de très hautes compétences. « Pour séduire ces très hauts profils, nous devons avoir la même attractivité que des villes comme Rennes ou Nantes », indique le directeur des projets. C’est pourquoi la question de l’emploi du conjoint est travaillée actuellement avec Vipe et le Medef à l’échelle de la Bretagne Sud. Un outil dédié à faciliter l’embauche du conjoint sur une plateforme intranet doit ainsi voir le jour.

5 champs d’innovations prioritaires

Doté d’un fonds d’amorçage de 5 millions d’euros afin d’intensifier l’open innovation et jouer son rôle d’incubateur, Neovia a relevé cinq champs d’innovation prioritaires. Certains des sujets sont encore en phase de test, d’autres attendent des validations pour une mise sur le marché, et d’autres encore sont déjà opérationnels…

– Le smart farming. C’est-à-dire l’agriculture connectée. Les nouvelles technologies au service des professionnels de l’élevage, des coopératives ou des fabricants d’aliments. Pour travailler sur ces sujets, Neovia s’est doté d’un Design Lab, « un laboratoire d’idées où l’utilisateur est au centre du processus de création », indique Vincent Sincholle, responsable du Design Lab qui imagine de nouveaux services liés aux données et transposable sur smartphone. « 99 % de la planète est aujourd’hui connectée à internet. Nous possédons 13 milliards d’objets connectés dans le monde, et ce chiffre devrait grimper à 212 milliards en 2020, soit 40 appareils connectés par personne ! Cela aura forcément un impact dans les domaines de l’agriculture », dit-il.

– L’aquaculture intensive. Afin de nourrir la planète, la production aquacole doit doubler d’ici 2025 notamment dans les pays tropicaux. L’innovation Neovia doit permettre d’améliorer les pratiques techniques visant à augmenter la performance et la rentabilité des fermes aquacoles en créant des outils de pilotage des bassins d’élevage et en proposant des solutions optimales aux éleveurs concernant les additifs, les premix et la nutrition. Une première application sur tablette doit en effet permettre l’amélioration de la gestion de l’élevage de crevettes en Indonésie, grâce à un outil de diagnostic et un apport de solutions adaptées.

– L’interactivité petline. Les animaux domestiques, chiens et chats, sont plus de 650 millions dans le monde. Le marché des petfood, alimentation pour animaux domestiques, représente 71 milliards de dollars, en croissance de 30 % sur cinq ans. Pour Neovia, cela représente 9 % de son chiffre d’affaires. Si les comportements évoluent, les propriétaires d’animaux domestiques tendent à humaniser leurs rapports. De nouvelles technologies interactives participent à renforcer ces liens : gamelles connectées, chatière intelligente… Une première start-up, originaire de Lille, EquiSense, travaille actuellement en mode collaboratif pour la création d’une application à destination des cavaliers afin de leur donner des éléments de bien-être sur leur cheval. Un capteur de mouvement analyse les données liées à la posture, au déplacement du cheval afin d’indiquer au cavalier les pistes de soins à mettre en place.

– L’optimisation des ressources. Grand challenge à venir dans l’industrie agroalimentaire : l’usage raisonné des ressources et le développement d’une croissance durable. Christophe Blondet, directeur technique en charge des formulations, travaille sur la possibilité de substituer une matière première par une autre afin d’optimiser l’apport en protéine ainsi que la valeur nutritionnelle, notamment auprès des fermes aquacoles.

– Les ingrédients fonctionnels. Neovia travaille également sur le champ des solutions naturelles au service de la performance zootechnique, et par exemple des alternatives à la médecine. David Bravo, chef du bureau de l’innovation de Neovia, travaille actuellement sur le message biochimique d’ingrédients naturels substituts au sucre, à donner aux animaux qui sont eux très attirés par le goût sucré. Son pôle de recherche a déjà déposé 17 familles de brevets et rédigés plus de 80 publications scientifiques.

Neovia en quelques mots

Filiale du Groupe InVivo, premier groupe coopératif français, Neovia (ex-InvivoNSA) se classe parmi les leaders mondiaux sur son secteur. Parmi les premières industries du Morbihan, Neovia compte 7700 collaborateurs, répartis dans 28 pays, 74 unités de productions dans le monde, 13 centres de recherche et développement. Le siège mondial se trouve à Saint-Nolff dans le Morbihan et emploie 450 personnes aujourd’hui. L’entreprise, qui réalise 85 % de son activité à l’international, réalise 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires et ambitionne de parvenir à 3 milliards d’euros d’ici 2021. Ses métiers : les aliments complets, les firme-services et premix, laboratoire d’analyses, additifs et santé animale.

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