Vannes, deux filières majeures à venir : la Silver Economie et l’économie numérique

Préfecture du Morbihan, la cité médiévale d’art et d’histoire, Vannes a la chance d’être une des villes moyennes les plus dynamiques de France, en terme d’emploi et d’attractivité économique. Son emplacement privilégié à l’orée du golfe du Morbihan lui assure un solde migratoire positif constant. La pyramide des âges annonce pourtant un vieillissement de la population important, qui laisse émerger de nouveaux emplois dédiés à la Silver Economie. Par ailleurs, le territoire a su accueillir et permettre le développement de pépites de l’économie numérique, filière encore en pleine croissance.

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Le bassin de Vannes compte 210.000 habitants. Un chiffre en croissance de plus de 18 % depuis 1999. Dans le même temps, la part des plus de 75 ans, elle, a plus que doublé, avec une croissance de 57 % de cette population, alors que la moyenne morbihannaise est de 45 % et la moyenne bretonne de 38 %. Les 60-74 ans ont eux aussi augmenté de 27,5 % sur le territoire. En dix ans, les jeunes de 15 à 29 ans ont reculé de 1 % et les actifs de 30 à 44 ans ont évolué de seulement 6,5 % sur le bassin. Les projections réalisées par la maison de l’emploi du pays de Vannes font état d’un apport de plus de 81.000 nouveaux habitants d’ici à 2040, soit dans seulement un quart de siècle. Alors on devrait compter 70 % de population ayant plus de 60 ans. Ces chiffres démontrent à quel point le territoire de Vannes doit anticiper ces mutations et aménager son économie locale en réponse aux nouveaux besoins. La Silver Economie sera alors un réel relais de croissance pour le territoire.

Ergonomie, santé, services à la personne…

Avec des personnes âgées de 70 à 79 ans deux fois plus nombreuses qu’aujourd’hui, de 80 à 89 ans trois fois plus nombreuses et de plus de 90 ans quatre fois plus nombreuses d’ici 2040, le bassin de Vannes réfléchit à l’intégration des paramètres vieillesse et dépendance. Il travaille déjà dans ce sens en permettant l’émergence de certains projets et pôles d’excellences liés à l’ergonomie, aux services à la personne, à la gestion de l’autonomie, aux applications numériques dédiées aux personnes âgées, aux soins et à la santé. Ces derniers secteurs d’activité sont aujourd’hui parmi les premiers employeurs du bassin de Vannes, avec le Centre hospitalier Bretagne Atlantique, la clinique Océane et l’établissement de santé mentale de Saint-Avé. « Le secteur est porté pour des raisons structurelles », commente Michel Brébion, directeur de Vipe, agence de développement économique du pays de Vannes. « Il y a un gisement d’emploi dans ce domaine, mais il s’agit d’emplois peu qualifiés. La filière est encore peu structurée. Pourtant le secteur explose. » En effet, les services à la personne connaissent une croissance imperturbable, malgré la crise de 2008. La filière compte la création de plus de 600 emplois en quatre ans, soit 30 % de croissance.

Un tissu de très petites entreprises

La dynamique de créations d’entreprises est toujours vivace sur le territoire vannetais. Il s’est créé 18 % d’entreprises supplémentaires entre 2009 et 2012. Souvent, ces créations ne s’accompagnent pas d’emplois. En effet, le statut d’auto-entrepreneur gonfle la création d’entreprise : 54 % des établissements créés sont désormais faits sous ce régime. Ce qui concourt également à dire que le pays de Vannes laisse sa chance aux entrepreneurs indépendants, quel que soit leur domaine d’activité. Cela doit être mis en parallèle d’une autre donnée qui est celle de la taille des entreprises. Le bassin vannetais est constitué majoritairement de très petites entreprises : 94 % des entreprises comptent moins de 10 salariés. Seulement 95 entreprises sur 20.343 dénombrent plus de 100 collaborateurs et sont ainsi très structurées d’un point de vue métiers. Les très petites entreprises, elles, requièrent davantage de profils aux compétences très polyvalentes. Un point important que prendra en compte le dirigeant au moment du recrutement.

L’économie numérique en plein essor

De belles pépites émergent aussi dans l’économie numérique, l’informatique, le web et le social marketing. 140 entreprises comptabilisent plus de 1000 emplois aujourd’hui et poursuivent leurs croissances et leurs recrutements. Avec notamment Aserti, spécialiste de la maintenance électronique, Isatech, créateur de progiciels de gestion, MGDIS, éditeur de logiciels de pilotage, Kreaction, atelier de création graphique au service de l’immobilier et aux agences de webmarketing… « Dans le domaine de l’édition de logiciel, Vannes possède un savoir faire unique en France, avec un laboratoire, des formations et des leaders nationaux », précise Michel Brébion. La création en septembre prochain d’un centre de simulation d’attaques cyber à l’université doit également doper l’économie numérique. « Ce nouveau marché doit créer 1000 emplois d’ingénieurs en France par an dans les trois ans qui viennent », complète Michel Brébion. « Si Vannes n’est pas leader, la ville prend tout de même une option sur le secteur de la cyber sécurité et devient précurseur ». La filière numérique est également mise en valeur par le marché en fort développement qu’est le e-commerce, avec des start-up présentes sur des marchés de niche ainsi que de nombreux prestataires.

Les locomotives industrielles

Si l’industrie ne représente plus que 5 % de l’activité économique du bassin de Vannes, impactée par la crise économique de 2008, certaines entreprises dont la croissance se poursuit permettent de faire rayonner la ville bien au-delà des frontières, avec une présence internationale. C’est le cas de Socomore, spécialiste des produits de traitement de surface pour l’aéronautique, Sigmaphi, leader des aimants magnétiques pour des centres de traitement contre le cancer ou encore Multiplast, fabricant de géants des mers qui courent autour du globe…

Le tourisme, un secteur à exploiter

« Le secteur du tourisme est encore un secteur sous-développé », estime Michel Brébion, directeur de Vipe, agence de développement économique du pays de Vannes et technopôle. « Il y a un potentiel considérable mais qui n’est pas encore exploité. Le panier moyen du touriste est encore trop faible sur le territoire. Il nous faut repenser l’offre. L’arrivée de la ligne à grande vitesse en 2017 prévoit le passage d’un million de visiteurs en plus en gare de Vannes. Nous devons être prêts à les accueillir. » Avec 85.000 emplois à pourvoir en Bretagne cet été dans le secteur du tourisme, Vannes n’est pas en reste. D’autant que les emplois dans cette filière ne sont pas délocalisables mais ils souffrent souvent d’une problématique de saisonnalité.

 

Sources :
Maison de l’emploi de Vannes

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